Jean-Marc Banzo
mai 15, 2011
Des Étoiles dans l’assiette
Texte et Photo : Sara Crewe
« Quand j’étais en troisième, mon prof principal nous a demandé quel métier nous envisagions plus tard. J’ai dit que je voulais être cuisinier et ça a fait rire toute la classe. » Actuellement, Jean-Marc Banzo possède deux restaurants, l’un à Aix, l’autre à Cassis, et si ses amis en rient encore, c’est uniquement parce que la bonne humeur règne en cuisine.
Aujourd’hui, la gastronomie crève les écrans. Même si Jean-Marc aime le côté préservé et secret de cet art, il avoue apprécier Top Chef, « parce que c’est une émission avec de vrais chefs ». Mais la cuisine n’a pas toujours été star de notre société, et quand, tout jeune, Jean-Marc annonce sa décision à ses parents, ces derniers ne sont que modérément enthousiastes. « Mon père ne s’est jamais opposé à ma volonté, mais il est certain que dans la hiérarchie des métiers, il aurait préféré que je veuille devenir pilote de ligne. »
Pourtant, Jean-Marc Banzo a attrapé le virus très tôt. Dès douze ans, il profite de ses vacances et week-ends pour faire la plonge dans les restaurants, éplucher les légumes, servir comme garçon de café… « J’ai travaillé à Vaison-la-Romaine, où le cuisinier me fascinait. Je me souviens que les patrons n’étaient pas tendres avec le personnel, mais le seul qu’ils regardaient avec des yeux de Chimène, c’était le cuisinier. Lui, il avait droit au respect, et je me suis dit qu’il devait avoir un truc en plus… »
1973, pour réaliser ce qui est désormais son rêve, Jean-Marc s’inscrit à l’École Hôtelière de Grenoble. Puis, du statut de commis à celui de chef, il gravit les échelons un à un. La Mère Guy à Lyon, Les Santons à Grimaud… Jean-Marc accumule de l’expérience dans les grands restaurants.
Son service militaire ne lui laissera pas de mauvais souvenirs, « j’étais traité comme le linge délicat de la base ». Il faut dire que ses compétences avaient été rapidement remarquées par le carré des officiers, dont il était le cuisinier personnel…
En 1979, après avoir rencontré, Brigitte, son épouse, Jean-Marc décide de s’installer. Les Caves d’Henri IV ouvrent leurs portes à Aix-en-Provence. Trois ans plus tard, les efforts de Jean-Marc sont salués par une première étoile au guide Michelin. Mais rapidement, les cuisines déménagent dans l’actuel Clos de la Violette, qui fête ses vingt-cinq ans cette année. En 1999, le guide Michelin accroche un second macaron à l’enseigne du restaurant.
Poursuivant sur sa lancée, Jean-Marc ouvre un nouvel établissement à Cassis, La Villa Madie. Malheureusement, après des différends avec son associé, le Guide Michelin partage ses étoiles, l’une à Aix, l’autre à Cassis.
Toutefois, quand on lui demande s’il souhaite les récupérer, Jean-Marc sourit : « Je ne suis pas dans une volonté de reconquête ou de combat. Aujourd’hui, je poursuis une stratégie hédoniste. Je cherche la sérénité, pour que les gens se sentent bien au travail avec moi, et que les clients soient heureux. Un repas au Clos ou à la Villa Madie doit être un moment inoubliable. »
Il faut dire que Jean-Marc prépare une cuisine différente dans chacun de ses restaurants. « À Cassis, on est dans une bascule très iodée, proximité de la mer oblige, tandis qu’au Clos, on a des plats très attachés à la truffe. On met en avant des produits comme le lapereau, qui est la clé de voûte de ma réflexion culinaire, car le lapin était le plat que ma mère préparait le dimanche. »
Quant à l’avenir, que réserve-t-il ? De nouveaux challenges, certainement ! Car « il reste tant de choses à faire ! À 56 ans, j’ai le sentiment de n’avoir encore rien commencé ! »
Le Clos de la Violette
10, avenue de la Violette / Tél. : 04 42 23 30 71
Mail : restaurant@closdelaviolette.fr
Jean-Marc Banzo aime :
Prendre son café le matin à la Brûlerie Richelme
Déjeuner au Grillon sur le Cours Mirabeau
S’isoler au cinéma Cézanne
ARLESTON ET TARQUIN
avril 22, 2011
Une aventure BD : Lanfeust de Troy par Sara Crewe
Tout commence en 1993 : il était une fois sur le monde de Troy un univers où chacun avait un pouvoir magique… Quand le scénariste Christophe Arleston demande à Didier Tarquin de dessiner cette nouvelle série de BD, ce dernier n’y croit qu’à moitié, « ça marchera pas ton truc, mais au moins on va bien rigoler. »
Huit millions d’albums vendus plus tard, il a changé d’avis.
Aujourd’hui, Lanfeust de Troy rassemble dix-huit albums. Mais surtout, c’est la série de bande dessinée de fantasy la plus célèbre de France.
« La recette de Lanfeust, c’est 60% d’aventure et 40% d’humour, explique Arleston. En fait, c’est l’histoire d’un naïf qui réussit à sauver le monde avec une épée. Quand Mourad Boudjellal, qui dirigeait les toutes jeunes éditions Soleil nous a signé le projet, c’était un album parmi d’autres, on n’imaginait pas du tout le succès que ça allait remporter. ».
Car les choses sont allées très vite. Malgré une mise en place ridicule du tome 1 dans les librairies de France (moins de 2 000 exemplaires), les ventes décollent immédiatement. C’est une surprise totale pour les auteurs… et leur éditeur.
« Lanfeust était la quatrième BD que je dessinais, se souvient Tarquin. Les trois premières n’avaient pas du tout marché, et je pensais que le tome 1 de Lanfeust serait ma dernière. J’étais vraiment prêt à changer de boulot. Si bien que j’ai mis toutes mes tripes dans Lanfeust, pensant que ce serait mon baroud d’honneur. »
Quant aux éditions Soleil, basées à Toulon, elles sont fières de fêter leur tout premier best-seller. Grâce à Lanfeust, l’entreprise prend de plus en plus d’importance pour devenir aujourd’hui la septième plus grosse maison d’édition de bande dessinée d’Europe. Ce succès décide également de l’orientation du catalogue Soleil, qui se spécialise rapidement en fantasy.
Au bout du cinquième tome, la série vend 160 000 exemplaires. Arleston qui a toujours aimé les magazines de BD comme Spirou ou Pilote demande à Mourad Boudjellal de lancer un journal. « J’avais fait gagner plein d’argent à mon éditeur et j’estimais que maintenant, je pouvais lui en faire perdre ! »
Le mensuel Lanfeust Mag paraît dans les kiosques en 1998. Il en est aujourd’hui à son 141e numéro et a lancé de nombreux jeunes auteurs de BD, dont certains habitent encore la ville…
Même s’ils se sont rencontrés pour la première fois à Toulon, Tarquin et Arleston travaillent à Aix-en-Provence depuis leurs débuts. Chacun a monté son atelier d’artistes, le Crazytoon pour Tarquin et le Gottferdom Studio pour Arleston.
Cependant, bien qu’il dispose d’un endroit privilégié pour travailler, Tarquin préfère dessiner dans les cafés aixois. « C’est moins figé, j’ai besoin de sentir qu’il y a de la vie autour de moi. Je change d’endroit de temps en temps. J’ai longtemps passé mes journées à La Rotonde, maintenant je vais davantage aux Artistes ou à La Belle Époque. »
À côté de Lanfeust, plusieurs séries parallèles ont été lancées dans le même univers avec des dessinateurs différents. C’est le cas des Conquérants de Troy, des Trolls ou des Légendes (toujours de Troy !). Tarquin et Arleston, ensemble une fois de plus, ont également créé la série gag Les Gnomes qui retrace l’enfance agitée des personnages de Lanfeust.
« Pour Les Gnomes, on est parti sur quelque chose de très différent, beaucoup plus jeunesse. On voulait raconter des histoires de sales gosses, et se confronter à l’exercice difficile du gag en une page »
Deux tomes sont déjà sortis, le troisième paraîtra en mai.
Tarquin aime :
La libraire Bédérie, dont il a d’ailleurs dessiné le logo
Le bar La Belle Epoque, l’Estello et Les Artistes où il dessine souvent
Arleston aime :
Dîner à l’Amphitryon, au Formal, au Poivre-d’Âne, au Bistroquet, au Mille Feuille, au Clos de la Violette…
Et monter la Sainte-Victoire pour éliminer tout ça !
Bruno Monnier
mars 4, 2011
Diffuseur de Culture par Emmanuelle Vigne
Le Musée Jacquemart-André à Paris, le Théâtre Antique d’Orange, les Arènes de Nîmes, le Château des Baux de Provence… Au total, 12 sites sont gérés d’une main de maître par Culturespaces, filiale de Suez, créée il y a vingt ans par son président Bruno Monnier. Aujourd’hui, cet homme qui vécut à Aix de 1961 à 1970 et, qui fut sans doute sensibilisé aux empreintes esthétiques de cette ville, va proposer à ses habitants un nouveau haut lieu d’art et de culture…
Malgré un agenda truffé de rendez-vous pour la journée, Bruno Monnier n’en laissera rien paraître lors de notre entretien. Très affable et attentionné, toujours à l’écoute, il est à l’image de l’éthique qu’il s’applique à transmettre sur les sites, musées et monuments dont il a la gestion : professionnalisme, accueil, transmission et diffusion de la culture au plus grand nombre.
Il s’agit d’une première pour Culturespaces: Bruno Monnier vient d’acquérir fin 2010 pour la somme de 10M€, le magnifique Hôtel de Caumont, demeure classée du XVIIIe siècle.
« La rigidité accrue des procédures, la priorité aujourd’hui des collectivités davantage portées vers la restriction des dépenses plutôt que de nouer de nouveaux partenariats, tous ces facteurs ont fait que, pour notre développement on s’est finalement tourné vers l’achat d’un lieu pour en faire un centre d’art » nous confie Bruno Monnier.
Actuellement occupé par les élèves du Conservatoire de musique, Culturespaces ne pourra investir le lieu que fin 2013 (et ce, sous réserve que la construction du nouveau Conservatoire soit prêt) et devra investir 4M€ supplémentaires pour sa rénovation. Le projet est ambitieux : « Nous voulons proposer un centre d’art vivant dans lequel on puisse associer le spectacle vivant et l’art ». Sur le modèle du musée Jacquemart-André, Bruno Monnier entend « restituer l’atmosphère du lieu » et ainsi proposer tout au long de l’année des expositions temporaires, au rythme de deux par an, mais aussi des concerts et de la danse. L’hôtel de Caumont sera également pourvu d’un café-restaurant et d’une librairie. Toujours ce même souci “d’excellence” propre à Culturespaces : choix de la programmation, confort des visiteurs, qualité de l’aménagement et des équipements. Les façades et les jardins vont être restaurés. La décoration du lieu a été confiée à Jacques Garcia qui sera chargé notamment de sublimer l’incroyable escalier suspendu du XVIIIe, véritable prouesse architecturale. Bruno Monnier prévoit d’ouvrir le musée en 2015. « Nous cherchions depuis quelques années à nous implanter à Aix » souligne-t-il « nous avions observé que la ville était capable, sur des expositions temporaires, de drainer un très large public ».
Il nous confie « J’ai passé ma jeunesse dans cette ville et mon cœur est resté à Aix. C’est donc un grand plaisir pour moi d’y revenir ». Enfance passée entre le Collège Catholique, l’École des Platanes et le Lyçée Mignet.
« Mon approche de l’art à l’époque à Aix était marquée par des sites tels que le cabanon de Cézanne sur le plateau de Bibémus, la Bastide du Jas de Bouffan, le Château du Tholonet, le musée Granet et la ville d’Aix qui est un peu comme décor de théâtre. La ville est aujourd’hui magnifiquement restaurée. Il ajoute « Je regrette cependant qu’il n’y ait plus toutes ces fontaines sur le cours Mirabeau, cette partie centrale bien marquée où l’on allait avec mes parents en voiture prendre de l’eau à la fontaine du Cours Mirabeau. Cette eau de source était très bonne !».
Un retour prometteur …
Bruno Monnier aime :
La Place d’Albertas
Les fontaines du Cours Mirabeau
La Place des Quatre Dauphins
Les Deux Garçons
Culturespaces
www.culturespaces.com
Sarra’Na
février 21, 2011
Des ciseaux et des stars par Elodie Lienard
Kylie Minogue, Sofia Coppola, Scarlett Johansson, Emmanuelle Seigner et bien d’autres célébrités passent entre ses mains pour se faire couper les cheveux. Aujourd’hui Sarra’Na a ouvert un petit boudoir à Aix, et met la même passion à vous coiffer qu’à participer à un shooting de mode à New York.

(c) Sarra'Na
« Voilà la coupe que je viens de faire à Emmanuelle (comprenez Seigner !), c’est très naturel, cela ne demande aucun entretien, et cela t’irait super bien je trouve. On essaie ? ». Sarra’Na a la simplicité de ces gens qui ont longtemps vécu aux Etats-Unis, côtoient de nombreuses stars, ont un métier passionnant, mais ont gardé les pieds sur terre et tout le naturel de leurs débuts. Tout commence à Paris, il y a un peu plus de dix ans. Sarra’Na est alors une toute jeune coiffeuse qui a la chance de faire ses premiers pas auprès du célèbre Bruno Pittini, chez Dessange. C’est là qu’elle a appris à aimer “le beau”. « J’ai coiffé de nombreuses comédiennes françaises durant cette période – comme Anouk Aimé ou Catherine Deneuve – et j’ai réalisé que j’aimais l’image, que j’avais envie de devenir coiffeuse studio » explique la jeune femme. Elle parcourt alors les magazines de mode et repère le célèbre coiffeur Yannick d’Is. Et c’est à seulement 19 ans que Sarra’Na devient son assistante. Commence alors une vie trépidante qui lui fait enchaîner les défilés et les shootings de mode pour les plus grands. « À 21 ans je suis partie vivre à New York – une ville que j’aime passionnément – pour vivre de ma passion : coiffer et faire de belles images ! ». Séries mode pour les plus grands magazines, grosses campagnes publicitaires… Sarra’Na coiffe les plus grandes stars américaines et françaises : Sophie Marceau, Gong Li, Kate Hudson, Emily Watson, Lou Reed, Elisabeth Hurley, Calvin Klein et même Al Gore !
L’excellente nouvelle c’est – qu’aujourd’hui – ce sont vos cheveux que Sarra’Na propose de coiffer ! La talentueuse coiffeuse de studio n’a pas abandonné son activité outre-Atlantique et retourne très régulièrement à New York. Mais depuis début 2010, elle a choisi Aix-en-Provence pour ouvrir son “Boudoir”. Un tout petit endroit bien caché au sein du Set Club. « Je ne voulais pas ouvrir un salon classique, je ne le supporterais pas. Je gère moi-même mon planning, et surtout, j’aime l’intimité que cet endroit me procure avec mes clientes ». Ici, il n’y a qu’un seul fauteuil pour un rendez-vous toujours très personnel, et l’Ipod de Sarra’Na qui diffuse sa musique préférée… Sa clientèle fidèle apprécie surtout sa grande technique. « Chez moi, le premier rendez-vous dure au moins une heure et demie car il me faut du temps pour étudier ce qui va vous aller le mieux » explique-t-elle. Ici pas de travail de couleur, seulement « la coupe, la coupe, la coupe ». Elle est réalisée avec des ciseaux japonais – trois tailles différentes selon l’effet voulu – qui sont à Sarra’Na ce que sont les couteaux à un grand chef sushi ! « Que je coupe à Aix ou dans une villa de star, j’utilise toujours la même technique et les mêmes outils ! ».
Et même si Sarra’Na coiffe les plus belles femmes du monde, elle ne fait aucune différence. « Je suis spontanée, naturelle, à l’écoute de ma cliente. Je n’ai pas d’égo surdimensionné et je n’oublie pas que je suis un artisan avant d’être – parfois – une artiste ».
Le Boudoir de Sarra’Na
1335, chemin de Granet
Tél. : 04 42 29 63 65
www.sarra-na.com
Coupe 120 euros
Sarra’Na aime :
Le restaurant Côté Cour, dont le chef cuisinier Ronan Kernen est très talentueux
Découvrir de nouveaux livres à la librairie Goulard
Le quartier Mazarin, ses ruelles, et particulièrement la place de l’église Saint-Jean-de-Malte et le Musée Granet
Le marché aux fleurs de la place Bellegarde


